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Emergences

Lettre d'information n° 02

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Une initiative pour faire converger le multimédia

Le premier sommet NEM s'est tenu en octobre 2008 à Saint Malo. La structure rassemble des industriels européens et des chercheurs. Objectif : accélérer le rythme de l'innovation et de la convergences entre audiovisuel, télécommunications et contenus. Directrice de recherche à l'INRIA, Nhoza Boujemaa participe à la coordination de cette initiative.


NEM ? Un acronyme pour : Networked and Electronic Media. Une plate-forme technologique européenne lancée en 2005. On y retrouve le gotha européen des télécoms et de l'électronique. "Environ 7/8ème sont des industriels, et 1/8ème des chercheurs académiques. Donc, clairement, NEM est très orientée entreprises, précise Nozha Boujemaa. Mais ce n'est pas comme un consortium habituel. Elle ne va pas fournir de produit ou de prototype. On élabore une connaissance collective. Les acteurs disent : on s'est mis d'accord sur une direction à prendre. Et la Communauté européenne s'en inspire. Cela fonctionne comme un lobby vis à vis de la Commission. C'est revendiqué comme tel." L'enjeu ensuite pour les industriels : obtenir des financements en soumissionnant aux appels à projets du FP7, le 7ème programme-cadre de recherche de l’UE.

Le spectre d'activités est très large. Il concerne de nombreux aspects de l'informatique distribués à un moment où les processeurs se répandent dans les automobiles, les appareils photos ou les PDA pour une grande communion numérique via un maillage imbriquant Wifi, Bluetooth, ADSL, téléphonie mobile...  Ainsi équipé, l'homo numericus swingue allègrement entre les échanges MP3, la ballado-diffusion, la vidéo à la demande, les achats en ligne... Mieux encore, il devient à son tour créateur de contenu, au même titre que les éditeurs traditionnels. C'est l'ère du Web 2.0. Le triomphe des Youtube, Wikipedia, Facebook et autres Flickr.  Blogging et mashups font leur entrée dans le dictionnaire. Conséquence : une explosion de la production de données de toutes natures, véhiculées sur un foisonnement de réseaux, stockées sur une kyrielle de supports décentralisés, avec, au passage, du calcul informatique éparpillé sur pléthore de machines. C'est ce que l'on appelle le "cloud computing". Pour les industriels, la gageure est d'optimiser des interactions, sans couture et sécurisées entre tous ces flux. Autant dire que l'affaire concerne beaucoup de monde. Thales,  Alcatel, Thomson, mais aussi des sociétés de plus petite taille. Dans le bassin Rennais par exemple, NEM compte parmi ses membres des entreprises comme Ditocom, LEA, Teamcast ou JCP-Consult. Et ce n'est pas fini car le consortium continue de grandir. Il est ouvert à toutes les entreprises désireuses de soutenir cette initiative. L'adhésion peut se faire directement à cette adresse web.

Au sein de NEM, Nozha Boujemaa siège au comité de direction où elle représente l'INRIA. Sa spécialité : les moteurs de recherche multimédia. En dehors de NEM, mais toujours dans le mécano européen, Nozha Boujemaa assure aussi la coordination scientifique de Chorus. "Nous sommes mandatés par Bruxelles pour coordonner les études sur les moteurs de recherche multimédia en Europe. Ce n'est pas un consortium mais une communauté de chercheurs dans 42 laboratoires européens. Pour moitié académiques, pour moitié industriels." Ici pas de prototype, mais des articles scientifiques. "Chorus est un think tank. On s'efforce de dresser une roadmap pour définir quelles sont les technologies dans lesquelles l'UE doit mettre de l'argent. Tant en terme de technologies que de services. Dans beaucoup de projets dirigés par les technologies, une composante essentielle a été oubliée : l'utilisateur. Dans notre démarche au contraire, nous l'intégrons pleinement. Ce que j'essaye d'éviter, c'est une forme de recherche isolée dans sa tour d'Ivoire et qu'on finira par ranger sur une étagère. Il faut être en prise avec la réalité et les usages."

L'expertise mise au service de la Commission fonctionne aussi au profit des industriels. "Mais je ne vais pas aller me présenter sur un projet simplement pour avoir le budget, prévient Nozha Boujemaa. Je suis un chercheur avant tout. Je m'attache d'abord à définir mon objectif de recherche. Je mets l'idée en premier. C'est à dire la direction dans laquelle on doit aller, et ensuite seulement je consulte la Commission européenne pour mesurer comment ce projet est perçu. Je ne dépose pas 10 projets pour en avoir 3 acceptés. Je me concentre directement sur les 3 projets qui me paraissent importants et j'essaye de faire en sorte que ça passe."