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Emergences

Lettre d'information n° 04

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Open-ViBE, un logiciel pour agir par la pensée

On les appelle les ICO. Ce sont les interfaces cerveau-ordinateur. Par impulsions cérébrales, elles peuvent permettre à des handicapés de commander des fauteuils roulants. Demain, elles serviront aux jeux vidéo. Des chercheurs rennais développent des algorithmes pour mieux interpréter les signaux du cerveau et rendre l'interface plus réactive. Ils lancent Open-ViBE, un nouveau logiciel libre, gratuit et facile d'utilisation, comme l'explique Anatole Lécuyer, chargé de recherche à l'Inria et coordinateur du projet.

On les appelle les ICO. Ce sont les interfaces cerveau-ordinateur. Par impulsions cérébrales, elles peuvent permettre à des handicapés de commander des fauteuils roulants. Demain, elles serviront aux jeux vidéo. Des chercheurs rennais développent des algorithmes pour mieux interpréter les signaux du cerveau et rendre l'interface plus réactive. Ils lancent Open-ViBE, un nouveau logiciel libre, gratuit et facile d'utilisation, comme l'explique Anatole Lécuyer, chargé de recherche à l'Inria et coordinateur du projet.

Quand le cerveau prend une décision, que ce soit un ordre vers un muscle, ou un choix sur un menu de restaurant, cela se traduit par des échanges électriques entre neurones. Grâce à des capteurs électro-encéphalographiques sur le cuir chevelu, les scientifiques parviennent à enregistrer ces impulsions, puis à les transformer en instructions exécutables par des machines. Déjà, des expériences permettent de diriger un fauteuil roulant, d'ouvrir une main prothèse, ou de sélectionner des lettres sur un clavier virtuel. Mais le procédé demeure rudimentaire.

Financé par l'Agence Nationale de la Recherche, le projet Open-VIBE vise à assouplir le fonctionnement de ces interfaces neuronales (visionner la vidéo) aussi appelées BCI (Brain-Computer Interface). "En 2005, l'Inria, l'Inserm et France Télécom constituaient les trois membres de départ du consortium, explique Anatole Lécuyer. En cours de route, nous avons été rejoints par le CEA LIST, le GIPSA Lab et l'AFM, Association Française contre les Myopathies. Ceux-ci sont venus sur fonds propres."

Les contributions de l'équipe rennaise (1) ont porté sur deux domaines principaux. Tout d'abord le traitement du signal. "Nous avons utilisé différentes techniques pour améliorer la reconnaissance de l'activité cérébrale." Ensuite, "la commande une fois récupérée, il s'agit de voir ce que l'on en fait et comment améliorer ou automatiser son usage. Cela concerne par exemple les aspects de navigation en réalité virtuelle." (2)

Le projet arrive à la fin de sa première phase. "Il a donné lieu à de nombreuses publications scientifiques" et se concrétise par "un logiciel proposé gratuitement au téléchargement. C'est en open source. Rien n'empêche une start-up de développer des applications ou des services connexes." Conçu en France, Open-ViBE "est appelé à être diffusé plus largement. Nous comptons déjà plusieurs utilisateurs à l'étranger. Le logiciel dispose d'une interface graphique. Il n'est donc pas nécessaire d'être un programmeur pour s'en servir. Il s'adresse aussi bien à un clinicien dans un cadre purement thérapeutique, qu'à des chercheurs qui voudraient tester des algorithmes ou encore à un développeur de jeu vidéo qui utiliserait Open-ViBE comme un périphérique pour interagir avec sa propre application. Le spectre est large.  Cela va des télécoms à la santé, que ce soit pour de l'assistance à des personnes handicapées ou des études neuro-physiologiques en temps réel."

Le logiciel dispose d"une interface graphique. Il n’est pas nécessaire d’être un programmeur pour s’en servir.Le logiciel dispose d"une interface graphique. Il n’est pas nécessaire d’être un programmeur pour s’en servir.

 

 

 

 

 

Le logiciel dispose d'une interface graphique. Il n'est pas nécessaire d'être un programmeur pour s'en servir.

 

Derrière, se profile aussi le marché du jeu vidéo. "C'est une application évidente de ces technologies. Mais il y a des contraintes d'usage pour l'instant. L'un des freins concerne l'efficacité des capteurs. Quelques entreprises commencent à commercialiser des casques à bas coûts, mais, il y a encore beaucoup de travail à faire en ergonomie." La Wii en version cérébrale ne sera donc pas sous le sapin le Noël prochain !


Notes :

(1) Anatole Lécuyer, Fabien Lotte, Yann Renard, Vincent Delannoy et Bruno Arnaldi, de l'équipe de recherche Bunraku, commune à l'Inria, à l'Université de Rennes 1, à l'INSA de Rennes, à l'ENS de Cachan et au CNRS.

(2) Lire aussi le dossier consacré à Open-ViBE dans le magasine Interstices.