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Emergences

Lettre d'information n° 05

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EnTiMid : une passerelle en domotique

Des chercheurs de l'université de Rennes 1 et de l'Inria imaginent un intergiciel pour améliorer la compatibilité des équipements et le déploiement de services facilitant le maintien à domicile des malades et personnes âgées. Visite guidée avec les scientifiques Olivier Barais et Grégory Nain.

Des chercheurs de l'université de Rennes 1 et de l'Inria imaginent un intergiciel pour améliorer la compatibilité des équipements et le déploiement de services facilitant le maintien à domicile des malades et personnes âgées. Visite guidée avec les scientifiques Olivier Barais et Grégory Nain.

"Imaginons qu'un hôpital permette à un patient de rentrer chez lui  pendant un week-end. Comment s'assurer que l'appartement reste à bonne température ? Que les détecteurs de déplacement fonctionnent ? Que le digicode permettra un accès personnalisé pour l'infirmière le samedi matin, le livreur de repas à midi, le fleuriste dans la soirée ? Que chacun a bien reçu un SMS. Que la mise à jour est prise en compte dans leur agenda Google ?" Certes, les innovations en domotique autorisent, en théorie, ces usages, mais la diversité des matériels, des marques et des services tient du casse-tête. Pour apporter plus d'interopérabilité, des scientifiques rennais développent EnTiMid, une passerelle entre cette foison de protocoles.

"En principe, on évolue loin de la domotique. Nos spécialités nous amènent plutôt chez Airbus, les constructeurs automobiles ou les industriels du secteur militaire. Ces groupes fabriquent des équipements où les logiciels sont prépondérants." A l'Inria de Rennes, Triskell est une équipe de recherche, commune avec Rennes 1, "pur GL". Entendez : génie logiciel. "Nous travaillons à concevoir des logiciels plus efficaces (1) en terme de maintenance, de résistance aux contraintes, de stabilité, de capacité à évoluer dans le temps..." Avec des applications de plus en plus sophistiquées, "le code devient trop compliqué à gérer en tant que tel. Alors on recherche des artefacts -des modèles- pour pouvoir monter en abstraction. L'un des aspects de cette ingénierie est le recours aux composants logiciels favorisant la modularité et la réutilisation de briques préexistantes. En pratique, un développeur n'écrit plus tout son programme mais utilise des briques de code qui existent déjà."

Quel rapport avec la domotique ? "Il existe un Master 2 sur ce thème à l'université de Rennes 1. Les enseignants nous ont signalé des problèmes spécifiques qui, curieusement, s'avèrent assez comparables avec ceux que nous rencontrons, par exemple, dans le monde aéronautique. A partir de là, on a entrevu un moyen de transposer ce que l'on faisait pour les avionneurs vers le secteur du maintien à domicile." Le projet a vu le jour "parce que beaucoup de gens travaillent sur le sujet à Rennes. Il y a un laboratoire de domotique à l'université. Il permet une mise en situation des équipements dans un environnement d'appartement. Par ailleurs, une option domotique verra le jours au sein de la future école d'ingénieur de Rennes (2)."

Il existe aussi une plate-forme baptisée Loustic qui se penche sur l'étude des usages des TIC. Un projet est en cours avec ces chercheurs sur les problématiques d'interfaces tactiles "car il faut que les systèmes soient facilement gérables par le personnel soignant." Également "très actif" dans la boucle : l'Assad. "Cette association locale de soins à domicile  insuffle une dynamique régionale en exposant des besoins issus du terrain et en coordonnant des projets comme IDA (3). Cet écosystème permet de tester le fonctionnement du matériel, mais aussi son acceptation sociale. On rejoint toute la problématique des usages : mesurer comment le système est perçu par l'utilisateur. Là, c'est un travail de sociologues sur lequel les universitaires de Rennes 2 apportent toutes leurs compétences."

EnTiMid (4) vise aussi à travailler avec des entreprises de la région comme Taztag, spécialiste R&D des produits basés sur les technologies de communication sans contact, ou encore Delta Dore, concepteur d'automatismes pour le bâtiment et de systèmes de gestion thermique. "Avec plus de 600 salariés, c'est un acteur majeur. Ils ont des algorithmes de très haut niveau. Ils possèdent les compétences pour aller vers les nouveaux marchés de la domotique comme le maintien à domicile." Reste ensuite à convaincre plus largement le monde des fabricants (5) souvent tentés par des solutions propriétaires moins ambitieuses. "Cela dit, il ne s'agit pas pour nous de prétendre définir et imposer une nouvelle norme industrielle, prévient Olivier Barais. Notre rôle de scientifiques consiste à proposer une couche d'abstraction supplémentaire pour mieux illustrer la pertinence de l'assemblage, de l'agrégation des services des uns et des autres."


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Notes :
(1) Lire  : EnTiMid: un middleware au service de la maison, par Grégory Nain, Olivier Barais, Régis Fleurquin et Jean-Marc Jézéquel.
(2) A noter aussi l'existence d'une association des anciens étudiants domoticiens de Rennes : AAEDR.
(3) Innovation Domicile Autonomie. IDA est un programme coordonnant de multiples partenariats dans l'agglomération rennaise.
(4) Les recherches qui sous-tendent ces travaux font l'objet de financements européens en particulier à travers les projets S-Cube et Diva.
(5) Une partie du secteur s'est structurée au sein du consortium IO-HomeControl.