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Emergences

Lettre d'information n° 05

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You are here: Home 2009 Lettre d'information n° 05 L'Europe : ça vaut le coup d'y aller !
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L'Europe : ça vaut le coup d'y aller !

Chargé du développement et des relations industrielles à l'INRIA Rennes - Bretagne Atlantique, Jean-Loïc Delhaye explique comment l'Union Européenne finance les projets de recherche au travers du FP7. Ce programme cadre pour la période 2007-2013 sert de tremplin à de multiples transferts de technologies.

Chargé du développement et des relations industrielles à l'Inria Rennes - Bretagne Atlantique, Jean-Loïc Delhaye explique comment l'Union européenne finance les projets de recherche au travers du FP7. Ce programme cadre pour la période 2007-2013 sert de tremplin à de multiples transferts de technologies.

En vert : les dossiers acceptés. En rouge : ceux refusés. En bleu : ceux en attente. Sur la feuille A4 : une quarantaine d'acronymes. DISC, DIVA, SMALL... C'est la liste des projets pour lesquels les équipes locales de l'Inria sollicitent un financement européen. "L'UE finance environ 20% des dossiers qui lui sont soumis, mais nous on se situe plutôt aux alentours de 30%", estime Jean-Loïc Delhaye, dont le métier consiste à répondre aux "calls", les appels d'offres de Bruxelles, pour financer et stimuler la collaboration scientifique dans l'espace communautaire.

"Pourquoi s'intéresse-t-on aux projets européens ? Parce que c'est l'occasion de nouer des partenariats hors de l'Hexagone. Je pense évidement à nos voisins, membres de l'Union, mais il y d'autres pays concernés :  Israël, par exemple. Nous avons même eu une collaboration avec deux partenaires chinois (1). En fait, nous cherchons à travailler avec les meilleurs, les plus pointus dans un domaine scientifique donné. Ceux-ci ne se trouvent pas toujours en France. L'informatique évolue à une échelle planétaire."

L'Europe apporte aussi des financements substantiels. L'enveloppe oscille "entre 2 et 3 millions d'euros par an". Cela représente "une quarantaine de personnes dans nos équipes de recherche : doctorants, post-docs, ingénieurs. Pour nous, c'est considérable." De 2007 à 2013, Bruxelles va débourser 50 milliards d'euros, toutes disciplines confondues. Cela dit, l'UE ne finance jamais l'intégralité d'un projet de recherche. "Pour un laboratoire académique, comme l'Inria, le financement est de 75% sur les coûts éligibles. Pour une entreprise, il plafonne à 50% de la dépense."

Le FP7 (2), distingue quatre grandes familles de ‘programmes spécifiques’. Le volet  "Capacité" s'intéresse au développement des infrastructures. Le volet "Idées "(3) "finance des dossiers individuels sur de la recherche plus futuriste. A Rennes, par exemple, la candidature d'Anne-Marie Kermarec a été retenue pour son projet Gossple." Le volet personnes, lui, "encourage la mobilité des chercheurs à l'international. Cela passe en particulier par le dispositif des actions Marie Curie."

Baptisé "Collaboration", le quatrième volet est aussi le plus lourd : 64% du budget. "Il concerne des projets impliquant au minimum trois partenaires de trois pays membres de l'Union européenne ou associés." C'est dans cette catégorie que l'Inria dépose l'essentiel de ses dossiers. "Dans la majorité des cas, l'UE souhaite que le montage associe des laboratoires académiques et des entreprises. Cela donne lieu à la création d'un consortium. Un des partenaires en prend la tête pour en devenir le coordinateur. Il sera l'interlocuteur unique auprès de la Commission." Deux possibilités se présentent alors. "Soit nous sommes invités à rejoindre un consortium, soit nous en sommes le leader. Dans ce deuxième cas de figure, on va approcher des partenaires qui, évidemment, apportent des savoir-faire complémentaires. En général, ce sont des gens que l'on connaît déjà. Nous nous  appuyons sur le réseau que nos chercheurs ont constitué, en amont, à travers leurs collaborations internationales et les conférences scientifiques auxquelles ils participent. Nous nous associons à des entreprises, mais aussi, éventuellement, à un utilisateur potentiel de la technologie développée. Par exemple : un hôpital quand il s'agit d'un projet en informatique médicale."

Autre paramètre : le souci d'équilibre. "Nous nous efforçons de monter un puzzle homogène qui respecte les critères imposés et qui présente un spectre complet de compétences. En même temps, on va éviter de multiplier inutilement le nombre de partenaires. Nous veillons aussi à ce qu'aucune concurrence directe n'existe entre eux. Les grands groupes ont l'habitude de ce type de projets. Les PME sont plus frileuses. Elles craignent souvent de se faire dérober leur technologie. A nous d'établir une relation de confiance, de leur montrer qu'à travers un projet collaboratif, elles peuvent parfois s'ouvrir de nouveaux marchés, et que l'Europe, ça vaut le coup d'y aller."

Notes :

(1) Sur le projet de grille XtreemOS.

(2) 7th Framework Program ou PCRD : Programme Cadre de Recherche et Développement technologique.

(3) Ce volet est géré par l'ERC, European Research Council..