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Emergences

Lettre d'information n° 05

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Et Golaem peupla les simulateurs

Des scientifiques de l'équipe de recherche rennaise Bunraku lancent une spin-off pour commercialiser une suite logicielle dédiée à la simulation des comportements humains dans les espaces 3D. Le produit intéresse autant les architectes que les formateurs en milieu industriel. Le chercheur Stéphane Donikian explique la genèse du projet et sa portée.

Des scientifiques de l'équipe de recherche rennaise Bunraku lancent une spin-off pour commercialiser une suite logicielle dédiée à la simulation des comportements humains dans les espaces 3D. Le produit intéresse autant les architectes que les formateurs en milieu industriel. Le chercheur Stéphane Donikian explique la genèse du projet et sa portée.

"C'est une décision personnelle née d'un double constat. D'une part, on arrivait à un stade où Bunraku (1) recevait des demandes d'usage industriel de ses logiciels de recherche. D'autre part, il y avait dans l'équipe une quinzaine d'ingénieurs en CDD. Cela me paraissait intéressant d'en fixer quelques uns sur le territoire autour des technologies développées, tout en valorisant les travaux effectués jusqu'à présent. J'ai donc proposé à cinq d'entre eux de tenter l'aventure."  

 Stéphane Donikian prendra la direction technique de Golaem en septembre, mais l'entreprise est déjà au travail (2). "Nous sommes dans la phase d'industrialisation, celle qui consiste à transformer nos prototypes de laboratoire en produits du marché." Le marché en question ? Celui de la simulation comportementale. Plus précisément : les solutions logicielles plaçant l’être humain en situation d’activité complexe dans des maquettes numériques. Ces technologies peuvent servir aux architectes pour peupler leurs maquettes d'urbanisme avec des avatars réalistes, aux avionneurs pour tester le fonctionnement d'une chaîne d'assemblage ou encore aux constructeurs automobiles pour améliorer la formation du personnel travaillant sur les chaînes de fabrication. La formation virtuelle est "particulièrement pratique quand le scénario doit présenter une situation risquée ou exceptionnelle car difficile à produire dans la réalité." En fonction de la complexité, les simulations s'effectuent dans une salle de réalité virtuelle ou devant un simple ordinateur.

Pour l'instant, les utilisateurs recourent à des logiciels spécifiques selon une échelle de niveaux qui démarre à la robotique et monte jusqu'à l'intelligence artificielle (IA). Golaem va proposer "la première architecture multi-niveaux qui simule conjointement les mouvements et les différents niveaux de complexité des comportements humains du réactif au social, en passant par les couches du rationnel et du cognitif." Le tout en interaction avec un environnement donné. L'entreprise arrive "avec une suite de composants qui s'intègrent les uns aux autres, de façon modulaire et hiérarchique. Le client acquiert des briques en fonction de ses besoins." A ce jour, aucun autre éditeur ne dispose d'une telle gamme.

"Nous voulons convaincre des SSII et des bureaux d'études de se former à nos logiciels pour qu'ils les proposent à leurs clients. Nous déléguerons la partie services pour rester axés sur notre métier d'éditeur. Cela dit, on développe aussi des Behavior Factories, qui sont des outils permettant à des non-informaticiens de travailler sur la modélisation des comportements humains."

Parmi les clients adeptes de ce type de technologies figurent des industriels de l'armement comme Nexter car "immobiliser du matériel militaire pour de la formation à la maintenance coûte souvent trop cher. Ils recourent donc au virtuel." Golaem a aussi développé un scénario complet pour un atelier de plasturgie. "Cela comprend les opérateurs qui font les réglages, ceux qui assurent la maintenance, ceux qui viennent chercher les pièces... Au total, plusieurs centaines de tâches." Par rapport à d'autres, Golaem offre "une meilleure précision et la prise en compte d'une plus grande complexité. Souvent dans la simulation, les environnements sont simplifiés. Nous conservons toute la complexité à la fois de la géométrie de la maquette afin de s'approcher le plus des comportements réels." Autre avantage : "un gros gain de temps car des phases entières de traitement sont automatisées."

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Notes :

(1) Bunraku est une équipe de recherche commune à l'Inria, l'Insa de Rennes, l'ENS Cachan, le CNRS et l'université de Rennes 1.

(2) Golaem est située sur la technopole de Rennes-Atalante. Elle est accompagnée par l'incubateur d'entreprises Emergys. Effectif de départ : sept personnes.