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Emergences

Lettre d'information n° 06

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Le chariot d'avance

Leader français du chariot automatique, près de Rennes, BA Systèmes peaufine une nouvelle génération de machines embarquant des technologies issues d'une collaboration avec plusieurs centres de recherche, dont l'Inria. Rencontre avec Guy Caverot, le monsieur innovation d'une PME en robotique manufacturière qui compte 40% d'ingénieurs.

Leader français du chariot automatique, près de Rennes, BA Systèmes peaufine une nouvelle génération de machines embarquant des technologies issues d'une collaboration avec plusieurs centres de recherche, dont l'Inria. Rencontre avec Guy Caverot, le monsieur innovation d'une PME en robotique manufacturière qui compte 40% d'ingénieurs.

Il s'appelle RobM@rket. C'est un AGV. Un véhicule automatique guidé. Un de ces engins circulant seul dans les usines et les entrepôts pour y transporter pièces ou marchandises. Plus sophistiqué que ses prédécesseurs, le nouveau modèle dispose d'un bras et d'une main électromécaniques. Il sait lire un bordereau d'achat, agripper les produits sur l'étagère, remplir un colis et déposer le carton sur la bonne palette au pied du camion. Le tout, sans intervention manuelle. Le genre de petit Wall-E dont rêvent les géants du e-commerce pour la préparation de commandes dans leurs plates-formes logistiques.

"C'est la première intégration d'un robot articulé à commande combinée hybride force et vision sur un engin mobile", explique Guy Caverot (1). Actuellement en cours de fabrication, RobM@rket est né d'un projet collaboratif financé à 60% par l'ANR (2). "Nous avons travaillé avec trois laboratoires : l'équipe projet Lagadic de l'Inria   Rennes - Bretagne Atlantique pour l'asservissement par vision, le CEA List pour la commande par retour d’effort et l'Université de Caen pour la sémantique de l’image. Dans ce troisième cas, en fait, nous avons suivi le chercheur Frédéric Jurie qui travaillait auparavant à l'Inria de Grenoble Rhône-Alpes." Tout a commencé "par une rencontre avec Michel Parent, le père des voitures électriques à l'Inria de Rocquencourt, puis le chercheur en robotique Eric Marchand, à Rennes." De fil en aiguille, "des scientifiques de l'Inria sont venus visiter notre entreprise et rencontrer les gens de notre R&D." A travers ces discussions informelles, "le courant est passé et c'est ainsi que l'idée est venue, à l'initiative du CEA, de travailler ensemble."

Cela dit, "il ne faut pas croire que cela soit facile. En deux ans, BA Systèmes a déposé une quinzaine de dossiers de financement pour des projets collaboratifs avec de très bons partenaires, et pourtant le taux d'échec avoisine les deux-tiers. On travaille beaucoup avec l'ANR, mais en revanche, au niveau européen, jusqu'à présent, nos candidatures au FP7 n'ont pas abouti." Consolation : "quand on ne décroche pas le projet, souvent le travail fourni est réutilisé d'une façon ou d'une autre. Par ailleurs, ces montages nous permettent de tisser des liens forts avec des entreprises ou des laboratoires européens. On réalise deux-tiers de notre R&D en interne, mais une PME comme la nôtre ne peut pas développer seule des connaissances pointues dans tous les domaines. Elle doit s'adjoindre des compétences complémentaires. Et c'est du côté de la recherche académique qu'elle va les trouver. Je constate d'ailleurs que dans ces laboratoires, les chercheurs savent parfaitement allier la théorie et la pratique. Il leur manque la couche industrielle, mais ce n'est pas ce qu'on leur demande. Il y a des plates-formes technologiques comme, l'Institut Maupertuis, qui sont là pour ça."

Pour accéder à la ressource scientifique, BA Systèmes développe "une démarche systématique en innovation." Cela passe par de multiples canaux. "Par exemple, nous accueillons chaque année un agrégatif sur des missions très concrètes : chassis élastique, main de robot... Nous entretenons des contacts avec l'INPG de Grenoble, l'IRCCyN lié  à l'Ecole Centrale de Nantes, nos voisins de l'antenne Bretagne de l'ENS Cachan... Nous participons également au GDR robotique (3). C'est un forum où évoluent aussi des groupes comme Thales ou Dassault. On peut y exposer la façon dont travaille une PME, les problèmes qu'elle rencontre en mécatronique, notre spécialité. Il y a là un dialogue très pertinent entre des acteurs qui abordent ce thème avec des visions propres à leurs métiers respectifs. D'une façon ou d'une autre, nous sommes en relation avec une cinquantaine de personnes dans des labos de recherche." Ce carnet d'adresses fonctionne comme un réseau d'entraide." Et quand les clients voient qui sont nos partenaires, cela devient aussi un vecteur commercial."


Notes :
(1) Guy Caverot prépare aussi une thèse sur l'innovation au sein du Crem, le Centre de recherche en économie et management, de Rennes.
(2) L'Agence nationale de la recherche contribue pour 60% au budget de 1,7 M€.
(3) Groupement de Recherche.