Skip to content. | Skip to navigation

Emergences

Lettre d'information n° 07

Image emergences pour impression
Personal tools
You are here: Home 2009 Lettre d'information n° 07 Mieux naviguer dans la géographie cérébrale
Document Actions

Mieux naviguer dans la géographie cérébrale

Jeune entreprise incubée au sein de l'Inria Rennes - Bretagne Atlantique, Syneika s'apprête à commercialiser un système de neuro-navigation pour apporter plus de précision dans le traitement de la dépression par stimulation magnétique transcrânienne, une technique récente utilisée en psychiatrie au centre hospitalier Guillaume Régnier de Rennes. Entretien avec Luc Bredoux, président de la start-up.

Syneika s'apprête à commercialiser un système de neuro-navigation pour apporter plus de précision dans le traitement de la dépression par stimulation magnétique transcrânienne, une technique récente utilisée en psychiatrie au centre hospitalier Guillaume Régnier de Rennes. Entretien avec Luc Bredoux, président de la start-up.

Le cortex cérébral peut être décomposé en 52 aires cartographiées et numérotées par Korbinian Brodmann, dans un atlas, en 1908. Des études par imagerie ont montré que la maladie dépressive coïncide avec une baisse d'activité métabolique du cortex préfrontal dorsolatéral, localisée à la frontière des aires 9 et 46 de cet atlas. Contrairement aux autres personnes, le malade ne consomme plus autant de glucose dans cette partie du cerveau. Une technique récente de soin consiste à appliquer, sur cet endroit, un champ magnétique afin de modifier l'activité des réseaux neuronaux. La stimulation magnétique transcrânienne (TMS)  constitue ainsi une alternative prometteuse à la fois à l'emploi de certains médicaments et aux électrochocs. Ces derniers sont réputés efficaces, mais ils nécessitent une anesthésie et une hospitalisation. Parfois aussi, ils engendrent des troubles passagers de la mémoire. Au contraire, la TMS est une méthode ambulatoire et non invasive. Elle provoque tout au plus une céphalée passagère dont on se débarrasse à l'aide d'un banal antalgique. 

Problème cependant : la TMS est une méthode empirique qui manque de précision. Or, pour qu'elle soit pleinement efficace, il faut pouvoir appliquer le champ magnétique sur le cuir chevelu avec le maximum de finesse. Et c'est ici qu'intervient Syneika, une entreprise née des travaux de Visages, une équipe-projet Inria commune avec l'Inserm, le CNRS et Rennes 1. "Jusqu'à présent, explique Luc Bredoux, pour positionner l'instrument magnétique, le médecin prenait d'abord comme repère le cortex moteur [une impulsion à cet endroit fait réagir le pouce]. Ensuite, à l'aide d'un mètre de couturier, il faisait une croix sur le crâne 5 cm en avant de cette zone. Or, d'un praticien à l'autre, la mesure n'est pas forcément identique. Par ailleurs, les patients, eux, ne présentent pas, tous, les mêmes mensurations crâniennes. Nous avons là deux biais qui faussent la précision de la méthode. Ce manque de précision est préjudiciable à l'efficacité du traitement." Ce constat a d'ailleurs été confirmé, en 2009, par une étude comparant les deux méthodes.

Repérage automatique de la zone cible

Pour pallier cette imprécision, l'équipe universitaire de psychiatrie du centre hospitalier Guillaume Régnier de Rennes et les chercheurs de Visages ont eu l'idée de transposer une technique de guidage utilisée en neuro-chirurgie. Concrètement, après un IRM, le psychiatre ou la personne formée à la TMS, "charge l'image en 3D du patient sur son ordinateur. Le logiciel va, de lui même, indiquer sur l'écran, par un point de couleur, l'endroit qu'il convient de stimuler." Un simple ruban sur le front, le patient prend place devant une caméra stéréoscopique. "Le neuronavigateur va permettre de reconstituer sur l'écran la forme et la position de la tête. En quelques instants, par un autre point de couleur, le praticien peut visualiser à quel endroit sur le cuir chevelu, il va appliquer sa bobine magnétique pour effectuer le soin." Il voit précisément sur l'écran quelle zone il va traiter. "Dans le fond, c'est un GPS du cortex."

Le neuronavigateur de Syneika devrait être commercialisé en 2010, après une phase de certification programmée pour le premier semestre. "Sa facilité d'emploi permet de s'en servir aussi bien en  centre hospitalier universitaire qu'en clinique ou en  cabinet."

---

Sur le même sujet, lire aussi : Neuronavigation pour la stimulation magnétique transcranienne.