Skip to content. | Skip to navigation

Emergences

Lettre d'information n° 09

Image emergences pour impression
Personal tools
You are here: Home 2010 Lettre d'information n° 09 Avec l'Inria, Artefacto met le cap sur la 3D
Document Actions

Avec l'Inria, Artefacto met le cap sur la 3D

PME leader de la simulation urbaine en France, Artefacto investit massivement dans la R&D pour écrire le prochain épisode de son développement. La collaboration avec l'Inria passe par de nombreux projets et emprunte de multiples formes. Revue de détail avec Erwan Mahé, co-fondateur d'une entreprise boulimique de technologies.

 PME leader de la simulation urbaine en France, Artefacto investit massivement dans la R&D pour écrire le prochain épisode de son développement. La collaboration avec l'Inria passe par de nombreux projets et emprunte de multiples formes. Revue de détail avec Erwan Mahé, co-fondateur d'une entreprise boulimique de technologies. 

Créée en 1998 par Erwan Mahé et Valérie Cottereau, à leur sortie de l'école d'architecture de Rennes, Artefacto réalise des images de synthèse pour l'urbanisme, l'industrie, la muséographie ou le ludo-éducatif. Sa carte de visite : la modélisation des métros de Rennes et Turin. Mais pas question de s'endormir sur ses lauriers. "Notre démarche, c'est d'aller ailleurs, de concevoir de nouveaux services et produits." Pour réussir cette transhumance, l'entreprise place la recherche au coeur de sa stratégie. "Sur 37 personnes, 10 travaillent pour la R&D. Par rapport à notre taille, c'est énorme. Il y a 5 ans, nous n'avions qu'un seul ingénieur." Durant cette période, l'Inria est devenu l'un de ses principaux partenaires technologiques.

"En 2006, nous avons d'abord eu un projet collaboratif financé par l'ANR dans le cadre du RIAM",  le réseau Recherche et innovation en audiovisuel et multimédia. Baptisé Semocap, il portait "sur la capture du mouvement humain par des caméras mais sans marqueur. Avec Avatar, James Cameron a montré ce qu'un cinéaste peut faire grâce à ces outils de pré-production virtuelle." Partenaire pour l'occasion :  Perception, une équipe-projet grenobloise de l'Inria. "Il n'y pas eu de transfert de technologie, mais nous avons établi une très bonne relation. A l'époque, nous n'étions pas parvenus à un produit industrialisable. Nous aurions dû mettre plus de moyens. Nous n'avions peut-être pas les reins assez solides. Je regrette énormément de ne pas avoir persévéré." Après une pause, aujourd'hui, l'entreprise travaille de nouveau à finaliser cet outil. "Nous envisageons un dépôt de projet européen ou ANR. Pour continuer en interne la R&D sur la capture de mouvement, nous avons aussi recruté David Knossow, qui était ingénieur Inria. Je crois également aux transferts de technologie accompagnés par l'embauche d'un thésard. Les docteurs peuvent jouer un grand rôle dans les PME.

 Dans le domaine des systèmes immersifs, "nous avons ensuite établi une relation avec Temics, une équipe -projet Inria rennaise (commune avec Rennes 1), pour un projet FUI, dans le cadre d'Images et Réseaux. L'adhésion à ce pôle de compétitivité a d'ailleurs fait décoller notre R&D. Elle nous a ouvert les portes des laboratoires et des autres entreprises adhérentes." Le projet, ici, s'appelle Futurimage. On y retrouve Thomson et Orange Labs. L'enjeu : les nouveaux formats TV et l’immersion dans l’image par le biais, entre autre, de l'HDR (High Dynamic Range). Un des objectifs : "pouvoir montrer du relief 3D sans les lunettes. On travaille sur un système de capture avec huit caméras synchronisées. Des algorithmes viennent recaler les images et les afficher en temps réel. Nous venons de terminer. Mais il va y avoir un prolongement intéressant, une nouvelle collaboration avec un beau projet à la clé : un outil allant de la capture à la diffusion. Les chercheurs utilisent un système mono-caméra et nous un système à huit caméras. L'idée, c'est de marier les deux techniques. Temics s'occupera de l'encodage, Artefacto de la capture et de l'affichage. Nous avons déposé 3DTI. C'est un projet européen de type Eurekâ." Comment ensuite partager les fruits de ce travail ? "Deux options : achat de licence ou versement de royalties. La deuxième solution nous convient bien. Mais comme nous faisons l'effort d'industrialiser, en retour, nous demandons une certaine exclusivité."

Studio virtuel et RevTV

Artefacto travaille aussi avec l'équipe-projet rennaise Bunraku (1), sur le projet SVNG. Ce studio virtuel permettra aux professionnels de l'audiovisuel de "mélanger des images réelles et virtuelles dans une gamme de couleurs étendue, en HDR, avec un contrôle des avatars très pointu. Les travaux sont financés en particulier par la Région Bretagne dans le cadre du pôle de compétitivité images et Réseaux. Dans le prolongement de ce partenariat, nous collaborons, par ailleurs, avec Lagadic (2), autre équipe rennaise de l'Inria, sur le projet RevTV. Il s'agit d'une solution de réalité augmentée. Lagadic utilise une technologie de synchronisation réelle/virtuelle qui nous plaît bien et que nous souhaitons industrialiser. Maintenant nous nous dirigeons vers du co-développement pour les versions suivantes. Nous retravaillons le code pour l'entreprise, mais aussi pour l'équipe de recherche. Nous arrivons en phase de signature d'un accord de transfert industriel hors projet collaboratif. Tout s'est construit sur du lien et sur un rapport de confiance."

Enfin, Artefacto a aussi "un produit en vue dans le domaine de la synthèse et de la reconnaissance vocale." Directeur de l'équipe Parole, à l'Inria de Nancy, "Yves Laprie nous a proposé une candidature à un projet européen Eurostars : deux PME européennes et un labo dans la boucle. Pour l'occasion, nous nous sommes associés à Acapela, une société spécialisée dans le text-to-speech. Sur 200 dossiers retenus, nous nous sommes classés 14ème, ce qui est très satisfaisant. Mais l'entreprise a beaucoup investi alors qu'aucun produit n'est encore sur l'étagère. Nous sommes dans une phase où nous devons nous concentrer sur l'industrialisation." Et ensuite ? "Et bien, je mettrai ma casquette de VRP pour aller vendre tous ces outils à de nouveaux clients."

---

Notes :
(1)  : Equipe commune avec Rennes 1, l’Insa de Rennes et l’ENS Cachan Bretagne.
(2) : Equipe commune avec Rennes 1.