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Emergences

Lettre d'information n° 16

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Roméo vers la robotique de service

Quinze laboratoires français de robotique remportent ensemble un appel à projets pour une aide publique à l'achat d'équipements d'excellence. Ils se partageront une dotation en matériel de 9 millions d'euros. Membre de ce réseau à Rennes, l'équipe-projet Lagadic prévoit d'acquérir un robot humanoïde Roméo afin d'en améliorer les fonctions visuelles. Explications avec François Chaumette, directeur de recherches à l'Inria.

Quinze laboratoires français de robotique remportent ensemble un appel à projets pour une aide publique à l'achat d'équipements d'excellence. Ils se partageront une dotation en matériel de 9 millions d'euros. Membre de ce réseau à Rennes, l'équipe-projet Lagadic prévoit d'acquérir un robot humanoïde Roméo afin d'en améliorer les fonctions visuelles. Explications avec François Chaumette, directeur de recherches à l'Inria.

Equipex ? Un dispositif national pour stimuler la recherche française en aidant les laboratoires à acheter le matériel dont ils ont le plus besoin. Première enveloppe : 340 millions d'euros. En lice : 336 candidatures, toutes disciplines confondues. Au final : 52 projets retenus dont Robotex, une proposition déposée conjointement par 15 laboratoires (1) qui constituent la colonne vertébrale de la robotique française.

Ces équipes sont reconnues pour leurs travaux. Mais c'est aussi parce que nous nous sommes rassemblés afin de présenter une candidature commune que nous avons été retenus, analyse François Chaumette. Notre communauté travaille d'ailleurs déjà beaucoup en réseau via un groupement de recherche, le GDR Robotique. La proposition Robotex s'est structurée autour de cinq thèmes (2). Tous les grands domaines s'y retrouvent à l'exception de quelques spécialités dans lesquelles peu de laboratoires français sont impliqués.

Arrivée en 2012 

À Rennes, la dotation va permettre à l'équipe-projet Lagadic (3) d'acquérir un Roméo courant 2012. Cet humanoïde mesure 1,40 m de haut. Son prototype est en cours d'achèvement chez Aldebaran Robotics, une PME parisienne à qui l'on doit déjà le petit Nao. À quoi va servir le nouveau modèle ? “À tester nos algorithmes, explique François Chaumette. Nous sommes spécialisés dans la vision robotique. À partir de traitements d'images, des commandes seront envoyées vers les moteurs pour bouger la tête, les bras et les jambes. En pratique, ce que nous avons fait jusqu'à présent recouvre soit la manipulation, soit la navigation. Mais pas les deux ensemble. Nous considérons par exemple d'un côté des bras manipulateurs à base fixe sur une chaîne d'assemblage, et de l'autre des véhicules telle la voiture électrique CyCab, dans le but de les faire se déplacer de façon autonome. Séparément, ces deux univers représentent déjà beaucoup de sujets de recherche. Mais désormais nous pensons que les techniques que nous avons développées sont assez matures pour pouvoir conjuguer les deux aspects. Roméo est la plate-forme qui va nous permettre d'associer ces deux fonctions sur une seule et même machine.

 Les algorithmes développés à Rennes, vont ainsi améliorer les capacités de l'androïde à se mouvoir tout en transportant des objets. À l'aide de ses yeux-caméras, “il devra repérer visuellement le bon objet sur une table, le saisir, trouver la porte de sortie, s'engager dans le couloir, tourner à gauche ou à droite, contourner un obstacle et entrer dans une autre pièce. Cela va apporter de nouveaux sujets de recherche que nous n'avons pas encore abordés.

Un système à fonctionnalités fortes

 En robotique humanoïde, dans le cadre de Robotex, deux autres laboratoires ont également choisi d'acquérir un Roméo. “À Nantes, les chercheurs travaillent sur les aspects mécaniques et la marche. À Toulouse, ils étudient la planification des tâches quand il s'agit d'entreprendre des choses complexes. Par exemple, le déplacement du centre de gravité quand le robot se lève. À terme, nous souhaitons regrouper tous ces travaux et constituer un système cohérent à fonctionnalités fortes.

Autant d'innovations qui pourront ensuite engendrer des transferts de technologie. La conception actuelle de Roméo a d'ailleurs déjà donné lieu à une collaboration entre l'Inria à Grenoble et Aldebaran Robotics. Au final, le constructeur espère faire de son produit un outil au service des personnes en perte d’autonomie. “Quelle place trouveront vraiment ces robots dans nos vies ? On verra bien. La réponse n'émergera sans doute pas avant 20 ans et je ne me sens pas particulièrement compétent pour le prédire. C'est aussi l'affaire des ergonomes, des psychologues et des sociologues. Il existe des différences de perception en fonction des cultures. Par exemple, les Japonais sont en général très friands de robots à leur image. L'acceptation sera peut-être différente dans nos sociétés. Quoi qu'il en soit, rien ne remplacera jamais un être humain.

 Notes :

 (1) Coordonné par le département INSIS du CNRS, le projet Robotex associe l'INRIA Rennes Bretagne - Atlantique, le LIRMM (Montpellier), l’IRCCYN (Nantes), le LAAS (Toulouse), l’ISIR (Paris), le LSIIT (Strasbourg), le LASMEA (Clermont-Ferrand), l’ISM (Marseille), l’I3S (Nice), GIPSA-LAB et TIMC (Grenoble), Heudiasyc (Compiègne), ETIS (Cergy Pontoise), FEMTO-ST (Besançon) et PPrime (Poitiers).

 (2) Robotique humanoïde, robotique médicale, robotique mobile, micro/nanorobotique et robotique de production.

 (3) Equipe-projet commune à l'Inria, et l'université de Rennes 1.

 

Production : Universcience 2011