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Lettre d'information n° 14

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XtreemOS met les grilles à portée de tous

Au terme de quatre ans et demi de travaux, XtreemOS est désormais opérationnel. Ce système d'exploitation open source facilite l'usage des grilles de calcul et pose un jalon dans le développement du cloud computing. Directrice de recherche à l'Inria Rennes - Bretagne Atlantique et coordinatrice scientifique de ce projet européen, Christine Morin entend aussi veiller à la pérennité du logiciel.

Au terme de quatre ans et demi de travaux, XtreemOS est désormais opérationnel. Ce système d'exploitation open source facilite l'usage des grilles de calcul et pose un jalon dans le développement du cloud computing. Directrice de recherche à l'Inria Rennes - Bretagne Atlantique et coordinatrice scientifique de ce projet européen, Christine Morin entend aussi veiller à la pérennité du logiciel.

 Juin 2006 : 19 entreprises, organismes de recherche et universités se rassemblent afin de concevoir XtreemOS. Le nouveau système d'exploitation doit simplifier l'utilisation de ces vastes réseaux d'ordinateurs qu'on appelle des grilles de calcul. L'intérêt : les rendre enfin accessibles à des non spécialistes désireux simplement d'utiliser leur puissance dans de multiples domaines. Les recherches auront duré un peu plus de quatre ans et coûté 30 millions d'euros, dont 14 financés par l'Union européenne. Le projet est arrivé à son terme fin 2010. “Nous avons atteint l'objectif, se réjouit Christine Morin. Le logiciel existe. À l'automne, nous avons publié la version 2.1.2. Diffusé en open source, le logiciel est disponible pour PC, pour grappes, ainsi que pour certains modèles de smartphones, de PDA et de notebook. Il est packagé dans les distributions Mandriva et Debian, ainsi que dans Asianux grâce à notre partenaire chinois Red Flag.

Banc de test sur Grid'5000

Mais le travail des scientifiques ne s'arrête pas là. “Notre problématique consiste ensuite à faire grossir la communauté des utilisateurs.”  Comment ? “En encourageant les développeurs à expérimenter leurs applications sur XtreemOS. L'été dernier, par exemple, nous avons organisé un concours remporté par une application de tomographie (1) médicale. Nous avons aussi mis en place un banc de test permanent et public. Nous disposons d'une petite grille dont les machines se trouvent chez six des partenaires. Il suffit de demander l'ouverture d'un compte. Pour l'instant, c'est gratuit. Actuellement une vingtaine d'inscrits testent ainsi leurs applications.” Parmi eux : l'unité mixte de recherche BioEpAR (INRA & Oniris) de Nantes. “Ils sont venus nous voir avec un besoin de calcul. Ils effectuent de la simulation de diffusion de maladies dans les troupeaux. L'idée de grille les a séduits. Nous avons étudié leur application qui est programmée dans l'environnement Scilab, nous avons réalisé un environnement d'exécution pour mieux gérer le parallélisme. Nous l'avons ensuite déployée sur Grid'5000 (2).” Le gain de temps sur les calculs se mesure ensuite “en années lumières”. La durée devient fonction du nombre de nœuds utilisés.

Support et simplication de la gestion des "clouds"

 Pour garantir la pérennité d'XtreemOS, plusieurs des partenaires ont convenu de continuer à fournir du support au delà de la date de financement du projet. “Cette décision concerne les PC et clusters. Elle n'est pas garantie pour le mobile. À l'Inria, deux ingénieurs travailleront à temps plein sur l'OS dans le cadre d'une action de développement technologique baptisée XtreemOS-Easy. Ils effectueront tout le travail classique de support autour d'un logiciel : administration, repackaging, mises à jour, documentation... Mais si quelqu'un se présente avec une application, ces ingénieurs pourront aussi assurer l'accompagnement.

Epilogue d'XtreemOS : six des anciens partenaires se retrouvent désormais dans Contrail (3). Ce projet de pile logicielle open source ambitionne de simplifier la gestion des clouds. En toile de fond : la montée des services liés aux échanges de ressources de calcul distribué. Les entreprises, en particulier, vont pouvoir proposer une partie de leur infrastructure à des tiers ou trouver un appoint de ressources extérieures en fonction des besoins. Mais ces pratiques butent sur la complexité du pilotage et de l'organisation des machines virtuelles. Des recherches sont donc encore nécessaires. "Pour que cela puisse fonctionner, il faut automatiser la gestion et apporter à l'utilisateur des garanties en terme de performance, de tolérance aux fautes ou encore de protection des données." Autant d'éléments qui s'inscrivent dans le prolongement des recherches effectuées durant ces cinq dernières années.

 

Notes :

(1) Technique d'imagerie permettant de reconstruire le volume d’un objet à partir d’une série de mesures effectuées par tranches depuis l’extérieur.

(2) Une grille expérimentale de 5000 processeurs sur 10 sites dont : Inria Sophia, Inria Rennes, ID Grenoble, LRI Orsay, Loria Nancy, LIP Lyon, Toulouse, LABRI Bordeaux, LIFL Lille. L'application de Oniris a été déployée sur trois sites à raison de 5 noeuds par site.

(3) Contrail est coordonné par l'Inria. Les autres partenaires sont XLAB (Slovénie), le CNR (Italie), l’Université Libre d’Amsterdam, Genias (Pays-Bas), Tiscali Italie, Hewlett Packard Italie,  ZIB (Allemagne), Constellation Technologies, le Science and Technology Facilities Council (Royaume-Uni)  et Petalslinks (France).
   
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