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Emergences

Lettre d'information n° 21

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Vers un cahier des charges mieux formulé

Le 9 février 2012, à Rennes, des chercheurs Inria conviaient les professionnels du développement logiciel à une rencontre consacrée à l’ingénierie des exigences. L'occasion pour les uns et les autres de mesurer l'importance du cahier des charges dans l'exécution des projets, comme l'explique Benoît Baudry, le scientifique à l'origine de cette initiative.

Le 9 février 2012, à Rennes, des chercheurs Inria conviaient les professionnels du développement logiciel à une rencontre consacrée à l’ingénierie des exigences. L'occasion pour les uns et les autres de mesurer l'importance du cahier des charges dans l'exécution des projets, comme l'explique Benoît Baudry, le scientifique à l'origine de cette initiative. 

 “Dans le logiciel, il existe ce sentiment que les choses sont très souples, constate Benoît Baudry.  Le développeur se figure qu'il pourra toujours modifier un élément plus tard ou le compléter par un patch. Souvent, le client lui-même ne sait pas précisément ce qu'il veut. Du coup, l'idée de produire un cahier des charges très rigoureux n'est pas si répandue. Or, sur le terrain, l'absence d'un tel document extrêmement formalisé engendre des problèmes dans au moins deux contextes.

Premier cas : les gros systèmes. “Prenons le chantier d'une centrale nucléaire. Jusqu'à 300 corps de métiers s'y succèdent : physiciens, électroniciens, ergonomistes... Ces spécialistes ne communiquent pas forcément entre eux. C'est au cahier des charges de faire la couture. S'il est mal conçu, les problèmes commencent...”  Le document doit en outre assurer le lien avec la loi. “Sur des secteurs comme l'énergie, les transports ou la défense, la dimension réglementaire prend une grande place.

Deuxième contexte où la bonne formalisation s'impose : la relation entre maître d'ouvrage et maître d'œuvre. “Quand la SNCF veut faire fabriquer un système d'information, elle se tourne vers un exécutant. Cette SSII récupère un cahier des charges et le réalise. Or, si le besoin n'est pas bien exprimé à travers ce document, il va y avoir une phase supplémentaire d'aller-retour.”  D'où l'intérêt de concevoir un support à la communication  plus rigoureux.

Durant notre réunion avec les professionnels, il n'y avait pas les grands systémiers de l'industrie, mais beaucoup de leurs sous-traitants. Ces SSII ressentent bien la nécessité de formaliser pour mieux comprendre le besoin du client. Dans le cadre d'une négociation, elles veulent pouvoir dire : à tel endroit, ce n'est pas bien exprimé. Vous ne serez donc pas satisfait de la prestation.

Recours aux modèles

Le sujet préoccupe aussi plus d'un scientifique. Chaque année, 400 chercheurs assistent à Requirements Engineering, la conférence sur l'ingénierie des exigences.   Il faut dire que “le domaine est très vaste et abordable sous un grand nombre d'angles. Quantité de techniques peuvent servir. Certains, par exemple, élaborent des méthodes d'interview pour mieux amener le client à expliciter son souhait. Ils vont analyser les conversations, reformuler les propos pour lever les ambiguïtés...”  Triskell, l'équipe dirigée par Benoît Baudry, intervient avec sa spécialité : l'ingénierie de modèles. “Nous proposons des techniques d'abstraction puis de spécialisation en fonction des corps de métier qui peuvent aussi servir à l'expression rigoureuse des exigences.

Durant les débats, “chacun a pu percevoir qu'il existe une préoccupation partagée entre chercheurs et entreprises. Il n'y a pas toujours du transfert direct, mais tous les thèmes dont nous avons parlé font l'objet de projets en partenariat avec l'industrie : grands groupes ou PME. Ce genre de manifestations nous donne aussi l'occasion de montrer qu'Inria n'est pas une tour d'ivoire. On peut venir y rencontrer des scientifiques et y exposer ses problèmes dont nous faisons notre terreau.”