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Emergences

Lettre d'information n° 22

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Inria@Silicon Valley

Responsable de l'équipe de recherche Myriads au centre Inria Rennes Bretagne - Atlantique, Christine Morin séjourne en Californie où elle représente l'institut dans la Silicon Valley. Comme l'explique la chercheuse, 18 équipes associées collaborent actuellement avec des laboratoires californiens.

Responsable de l'équipe de recherche Myriads au centre Inria Rennes Bretagne - Atlantique, Christine Morin séjourne en Californie où elle représente l'institut dans la Silicon Valley. Comme l'explique la chercheuse, 18 équipes associées collaborent  actuellement avec des laboratoires californiens.

Quel est l'objectif du programme Inria@Silicon Valley ?

La direction internationale d'Inria a lancé ce programme début 2011. Il vise à promouvoir des collaborations avec des universités et instituts de recherche en Californie : Stanford University, UC Berkeley et le LBNL (Lawrence Berkeley National Laboratory). Malik Ghallab fut le premier à partir. J’ai pris le relais en septembre.

Pourquoi Stanford et Berkeley plus que d'autres et quels sont les liens avec ces institutions ?

Ces universités figurent parmi les meilleures au plan international. Leurs départements informatiques occupent les premières places dans les classements. Nous avons 18 équipes associées avec des partenaires californiens dont 8 à Berkeley et 9 à Stanford. Cette année, 5 post-doctorants financés par Inria travaillent au sein d’équipes associées à Stanford et Berkeley. Il est prévu d’en financer autant en 2012-2013. Deux chercheurs d’Inria effectuent un séjour sabbatique en Californie : Wendy Mackay à Stanford et moi-même à Berkeley. Plusieurs autres viennent en outre pour des déplacements de quelques semaines. Certains étudiants en thèse effectuent aussi des passages dans le cadre des équipes associées.

 Y a-t-il réciprocité dans ce programme Inria@Silicon Valley ?

Oui. Deux professeurs de Berkeley arrivent en France à la rentrée. L’un vient d’obtenir la chaire Blaise Pascal. Un professeur de Stanford souhaite aussi initier un projet de recherche à Inria dans le cadre du programme européen ERC. D’autres envisagent de venir quelques mois. Des étudiants américains séjournent également dans nos équipes.

Connaissiez-vous déjà ces universités ?

Dans le domaine système, je connaissais leurs travaux. Je croisais les chercheurs dans des conférences. Mais n’avais pas de collaboration avec eux. Ce séjour m'a permis d'en mettre une en place avec l’équipe qui m’accueille. J'ai aussi établi des liens avec d’autres chercheurs du campus et j'ai découvert la richesse des travaux dans différentes disciplines : informatique, mathématiques et automatique. 

Justement, quel laboratoire vous accueille ?

Chaque chercheur est accueilli dans une équipe qui correspond à sa thématique. Je suis au département ACS (Advanced Computing for Science) du LBNL qui travaille sur les systèmes distribués pour répondre aux besoins des applications scientifiques. Malik Ghallab, lui, séjournait au Citris, à UC Berkeley, dans une équipe de robotique.

Sur quoi porte votre collaboration avec le département ACS ?

Sur deux axes. D'une part la conception d’un système pour l’analyse de gros volumes de données hétérogènes pour les besoins d’applications scientifiques. Ce système doit être à la fois simple d’utilisation, efficace et suffisamment générique pour s’adresser à des scientifiques de différents domaines. Il est conçu pour exploiter les ressources de calcul de clouds scientifiques qui permettent d’adapter automatiquement la quantité de ressources utilisées aux besoins des applications.
Le deuxième axe, concerne l'utilisation de techniques d’apprentissage pour, d’une part, améliorer la gestion des ressources et, d’autre part, mieux comprendre, anticiper et, dans certains cas, traiter les défaillances au sein d’infrastructures de calcul de grande taille. La taille de ces infrastructures, la diversité et le comportement souvent imprévisible des applications exécutées sont tels que leur gestion devient hors de portée d’un administrateur. Il faut donc automatiser le plus possible.

L'occasion d'engranger des connaissances nouvelles ?

Bien sûr. L’équipe qui m’accueille travaille avec des scientifiques de différents domaines : biologie, climat, matériaux, physique nucléaire… Ceci permet d’être à l’écoute des vrais besoins des utilisateurs des systèmes distribués que nous concevons. J’ai aussi la chance de collaborer avec une spécialiste de l’apprentissage qui s’intéresse à l’application de ces techniques dans les réseaux et systèmes. En travaillant avec des chercheurs dont l’expertise, à la frontière entre mathématiques et informatique, est complémentaire de la mienne, je peux envisager des approches originales pour la gestion des ressources dans les infrastructures de calcul de grande taille. Je participe par ailleurs à de nombreux séminaires sur le campus. Cela me permet d’alimenter une réflexion prospective.

Et même de faire un pas vers les sciences sociales.

Oui. De manière inattendue, j'ai eu l’opportunité d’initier une collaboration à l’interface entre sciences sociales et informatique distribuée. Une expérience totalement nouvelle et... prometteuse. Berkeley constitue un environnement idéal pour les travaux impliquant ainsi plusieurs disciplines. L’interdisciplinarité y est naturelle. Les professeurs sont souvent impliqués dans différents laboratoires.

Remarquez-vous d'autres spécificités ?

 J’observe aussi que les équipes ont des relations privilégiées avec les entreprises. Prenez le laboratoire AmpLab qui travaille sur le traitement de grandes masses de données. Il est financé par 18 entreprises qui bénéficient d'un accès précoce aux résultats et aux étudiants formés dans le laboratoire.

À ce sujet, avez-vous l'occasion d'approcher les acteurs de la net economy ?

Le programme concerne avant tout des collaborations académiques. Mais je visite aussi des entreprises telles que Xerox PARC, Google et Facebook. Il est intéressant de tisser des liens avec cet éco-système. Des opportunités d’accueil de doctorants et post-doctorants existent dans des laboratoires de R&D.