Skip to content. | Skip to navigation

Emergences

Lettre d'information n° 36

Image emergences pour impression
Personal tools
You are here: Home 2015 Lettre d'information n° 36 Vers l'interopérabilité des technologies pour le bâtiment intelligent
Document Actions

Vers l'interopérabilité des technologies pour le bâtiment intelligent

Le 21 mai, à Rennes, Inria et la Meito organisent une journée d'information pour les entreprises du Grand Ouest sur le thème du bâtiment numérique. Les professionnels peuvent découvrir une sélection des dernières technologies issues des laboratoires de recherche ou partager l'expérience de sociétés en pointe sur ce nouveau marché.

Le 21 mai, à Rennes, Inria et la Meito organisent une journée d'information pour les entreprises du Grand Ouest sur le thème du bâtiment numérique. Les professionnels peuvent découvrir une sélection des dernières technologies issues des laboratoires de recherche ou partager l'expérience de sociétés en pointe sur ce nouveau marché.

 

Capteurs, calculateurs, actuateurs... La technologie s'invite chaque jour un peu plus dans nos murs, à la maison et au bureau. Progressivement, c'est le concept du bâtiment intelligent qui sort de terre : un habitat durable, communiquant et capable de proposer pléthore de services à la personne. Pour les secteurs du BTP, de l'énergie et de l'informatique, une mutation s'annonce : il va falloir apprendre à travailler non plus les uns à côté des autres, mais ensemble. Mutualiser des réseaux. Eviter les doublons. Faire dialoguer les équipements. Cette convergence implique un vaste travail d'harmonisation technologique. L'interopérabilité des systèmes facilitera ensuite le développement d'applications innovantes.

Dans un rapport remis au gouvernement en décembre, Bertrand Delcambre préconise d'inscrire cette évolution dans un cadre réglementaire. Pierre angulaire : le Building Information Modeling. “Le BIM s’impose comme la méthode de travail basée sur la collaboration autour d'une maquette numérique. [...] Cette maquette permet à toutes les parties prenantes de mieux représenter, anticiper et optimiser les choix, tout au long de la vie de l’ouvrage. [...] Cet outil est en passe de modifier profondément l’ensemble des processus de construction.”C'est pour accompagner les entreprises régionales amorçant ce virage, qu'Inria et la Mission pour l'Electronique, l'Informatique et les Télécommunications de l'Ouest proposent une journée d'information. “À la Meito, notre travail consiste à favoriser le croisement de filières, explique Christine Le Brun, chef de projet Bâtiment Intelligent. Nous aidons des entreprises à mettre leurs briques technologiques au service d'autres sociétés évoluant sur des secteurs différents. Notre région possède énormément d'atouts pour participer à la reconfiguration qui se profile. Nous avons de l'électronique, des télécommunications et toute la chaîne de valeur du logiciel. Beaucoup de ces savoir-faire sont transposables.  Exemple ? “Un spécialiste des processus industriels maîtrise parfaitement les problèmes d'énergie. Il peut décliner cette expertise dans le domaine du bâtiment et trouver ainsi des relais de croissance. Dans l'ouest, j'ai identifié une cinquantaine d'entreprises développant des technologies qui peuvent intéresser ce secteur.” Certaines sont d'ailleurs présentes de longue date, comme Delta Dore, spécialiste international des outils de pilotages de consommation énergétique.

Plateformes technologiques

La reconfiguration du tissu économique trouve son pendant sur le terrain académique. “Un gros effort est entrepris pour structurer une recherche transversale autour du ‘smart building’ sur la région de Rennes, explique Frédéric Weis, responsable de Tacoma, une équipe travaillant sur les réseaux de capteurs et la RFID au centre Inria. Cet effort existe aussi au niveau de l'enseignement. L'École Supérieure d'Ingénieurs de Rennes va, par exemple, recruter un professeur sur cette thématique. L'Ésir propose une formation en Technologies d'information et communication pour le bâtiment (TICB). Notre éco-système, s'appuie également sur deux plateformes technologiques hébergées par l'Université Rennes 1 et accessibles aux entreprises pour favoriser leurs projets de R&D. Il s'agit de MobBI et de HID (Habitat Intelligent Durable). Cette dernière reproduit un habitat entièrement instrumenté qui permet de tester l'interopérabilité de nouveaux équipements.

Sur le plan scientifique, le sujet fait aussi émerger plus d'une question. “Comment déployer des réseaux de capteurs ? Comment exploiter et comprendre la masse des données remontées ? Comment assurer la compatibilité IP ? Le bâtiment est en fait rattrapé par toute la thématique de l'internet des objets. Se pose également alors le problème du cycle de l'objet. Ces capteurs par exemple auront du logiciel embarqué. Il faudra prévoir des mises à jour. Il va falloir des solutions pour faire vivre et évoluer ces objets enfouis dans des bâtiments qui, eux, ont un cycle de vie bien plus long que le matériel informatique. Par ailleurs, il faudra assurer la sécurité de ces matériels connectés.

Atelier Meito

La matinée est consacrée à un atelier technique de la Meito durant lequel se déroulent une série de conférences. “Nous avons retenu le thème de la convergence vers l'interopérabilité,” explique Christine Le Brun. Premier intervenant : Emmanuel François, président la Smart Building Alliance.” La SBA est une association d'industriels qui s'emploie à structurer une filière transversale. Elle a publié un manifeste du bâtiment intelligent.

Professeur à Télécom Bretagne, Laurent Toutain nous présente ensuite CoAP. Il s'agit d'un protocole de communication adapté aux réseaux de capteurs qui offre une compatibilité avec la version IPv6 du réseau internet.” Grâce au passage à l'IPv6, 667 millions de milliards d'adresses IP sont désormais disponibles pour y connecter autant d'objets via ces nouveaux réseaux domestiques sans fil à faible consommation que l'on appelle des 6LowPAN.

Après cela, nous avons Frédéric Weis et Éric Deblonde, un des co-fondateurs d'OyaLight, une start-up de la région rennaise spécialisée dans l'éclairage innovant.  Partenaire d'Inria, cette société conçoit des dalles lumineuses qui, outre leur fonction première, assurent aussi la transmission de données par la lumière (technologie Li-Fi). “C'est l'occasion d'illustrer la manière dont une PME travaille avec un centre de recherche.

Intervention suivante : Frédéric Martin, fondateur d'Arveni. Cette société de la région lyonnaise commercialise un microgénérateur piézoélectrique qui remplace les piles dans les interrupteurs, les télécommandes... “Il présente SARAH, un protocole collaboratif et open-source pour la gestion technique du bâtiment. Son objectif est d'offrir ce protocole radio alimenté par microgénérateur pour créer un éco-système de PME capables de fournir ainsi des équipements interopérables pour toutes les fonctions du bâtiment.

Membre de l'équipe-projet EVA au centre Inria Paris - Rocquencourt, “Thomas Watteyne vient ensuite présenter  l'architecture 6TiSCH pour les réseaux sans fil basse consommation.” Ce scientifique co-préside le groupe de travail sur ce sujet au sein de l'IETF, un organisme qui participe à l'élaboration de standards Internet. “Nous clôturons la matinée avec Pascal Thubert. Président du groupe de travail 6TiSCH de l'IETF, il est ingénieur principal chez le fabricant de routeurs Cisco. Il expose le point de vue d'un industriel sur la convergence des réseaux IP et des réseaux sans fil dans le bâtiment.

Rendez-vous B2B

L'après-midi est consacrée à une Rencontre Inria-Industrie. “Les entreprises peuvent bénéficier de rendez-vous B2B afin de découvrir l'offre technologique de nos équipes dans le domaine du bâtiment intelligent, explique Laure Aït-Ali, chargée du transfert au centre Inria  Rennes - Bretagne Atlantique. Nous avons sélectionné une dizaine de technologies [VOIR ENCADRÉ] sur l’ensemble des couches qui tentent de répondre aux différents challenges des acteurs du bâtiment intelligent : couches protocolaires et interopérabilité, couches infrastructures et middleware, couches applicatives de service et exploitation des données. Cela va des capteurs à récupération d'énergie avec l'équipe Cairn, à l’analyse des données et aux techniques de machine learning de l'équipe Dream, en passant par la reconfiguration dynamique avec l'équipe Diverse ou encore la fusion de données avec l'équipe Tacoma. Les entretiens personnalisés que nous proposons permettent de rapprocher ces résultats de recherche des besoins de l’industrie dans l'objectif d'initier ainsi des actions de collaboration et de transfert.