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Emergences

Lettre d'information n° 45

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Le Big Data pour réduire la facture énergétique des industriels

Start-up spécialisée dans l'analyse de la consommation des usines, Energiency aide les industriels à réduire leurs factures de gaz et d'électricité. L'entreprise débute un partenariat avec Inria pour rester à la pointe de ce que l'on appelle désormais la science des données.

Start-up spécialisée dans l'analyse de la consommation des usines, Energiency aide les industriels à réduire leurs factures de gaz et d'électricité. L'entreprise débute un partenariat avec Inria pour rester à la pointe de ce que l'on appelle désormais la science des données.

 

50 millions d'euros. C'est pratiquement ce que déboursent chaque mois certains des géants de l'automobile pour payer leur facture énergétique au niveau mondial. Pour beaucoup d'autres industriels aussi, le coût de l'énergie pèse lourd dans le budget. Pas étonnant donc que la moindre perspective d'économie soit regardée à la loupe. 

Lancée il y a 4 ans, à Rennes, Energiency identifie justement ces gisements d'économies potentielles. À la clé : un allègement de la facture pouvant atteindre 20%. À la tête de l'entreprise : Arnaud Legrand, ancien consultant en performance énergétique chez Ernst & Young. “J'accompagnais les directeurs d'usines dans la conception de leur plan d'action pour réaliser des économies. Cela allait de : “éteignez la lumière quand vous partez” à : “refaites toute l'usine”. Chaque mission durait environ un an. Je passais l'essentiel de ce temps à collecter des données éparpillées dans les logiciels de production, dans des tableurs, sur des photocopies et que sais-je. C'était frustrant car je ne pouvais apporter ma valeur ajoutée, mon expertise, qu'à la fin de ce lent processus de collecte. Cela prenait tellement de temps que certaines données périmaient avant même que l'on puisse commencer à les prendre en compte pour agir.”

Rompant avec ces méthodes aujourd'hui désuètes, Energiency se positionne comme un éditeur logiciel utilisant trois technologies novatrices pour permettre une prise de décision rapide. À savoir : l'Internet des objets, le cloud computing et l'intelligence artificielle. “Aujourd'hui, dans les usines, quantité de capteurs connectés à Internet collectent toutes sortes de données sur les process industriels. Cette information n'est plus stockée localement mais exportée vers le cloud. Au-dessus de tout cela, notre logiciel permet à nos clients, via une interface web, d'analyser leurs données et de bâtir immédiatement une stratégie pour réaliser des économies.

Fort ADN Inria

Au cœur de ce métier se trouve le data mining, une science tout aussi nouvelle que prometteuse. Et c'est là que le partenariat avec Lacodam entre en jeu. Implantée à Rennes, cette équipe de recherche Inria (1) étudie de nouvelles approches pour l'analyse des données. “Je dois dire que notre entreprise possède un fort ADN Inria. Nous comptons quatre personnes diplômées d'un doctorat qui viennent d'Inria, dont notre directeur technique et notre directeur R&D. Ceci étant dit, le développement nous occupe énormément et nous ne pouvons pas consacrer autant de temps que nous le souhaiterions à la recherche. Donc, dès le départ nous avions l'envie de nous adosser à un laboratoire.

Signé en octobre dernier, ce partenariat de trois ans se concrétise par le recrutement d'un doctorant dans le cadre d'une thèse Cifre. Lancé par le ministère de la Recherche, ce dispositif permet à une entreprise de bénéficier d'une aide financière pour recruter un étudiant dont les travaux, encadrés par un laboratoire public, conduiront à la soutenance d'une thèse. “Le but de cette collaboration est d'automatiser au maximum la découverte d'informations et de faire parler la donnée le plus possible. À ce niveau, il y a une vraie compétence chez Lacodam. Nous aimerions voir comment leur brique logicielle peut tenter de résoudre certains problèmes concrets que nous avons identifiés. Voilà  le verrou que nous voulons faire sauter ensemble.

Data mining et intelligence artificielle

Accéder à des jeux de données réelles pour pouvoir tester nos méthodes, voilà exactement ce qui nous intéresse, indique Véronique Masson, enseignante-chercheuse de l'université de Rennes 1 dans l'équipe Lacodam. En effet, cela nous permet de faire surgir de nouvelles problématiques. Les algorithmes d'aujourd'hui savent traiter de grosses masses de données pour en extraire des régularités ou des irrégularités avec une certaine efficacité. Mais à fréquenter les conférences scientifiques, ces temps-ci, on se rend vite compte que la vraie difficulté consiste désormais à appliquer ces algorithmes à des cas précis. La question qui demeure est de parvenir à donner du sens à ce que l'on peut extraire. Autrement dit, comment en faire des connaissances métiers utiles pour l'utilisateur.

Pour relever ce défi, les scientifiques marient des techniques de data mining et des approches venant de l'intelligence artificielle.  Nous nous efforçons de fusionner les avantages des deux. Cette recherche est exploratoire, mais les cas d'usage de la start-up leur donnent du sens, afin de les emmener le plus vite possible sur le marché,  remarque Véronique Masson. “Ce partenariat de recherche nous permet de préparer l'avenir. Cela va aider Energiency à garder un coup d'avance,” conclut Arnaud Legrand.

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Note :

(1) Lacodam est une équipe Inria, Insa Rennes et université Rennes 1, commune à l'Irisa (UMR 6074).

* Inria est un institut Carnot. À ce titre l’institut bénéficie d’un abondement financier de l’état pour chaque contrat industriel bilatéral signé. Inria a fait le choix de réinvestir cet abondement pour stimuler et initier de nouveaux projets de transfert industriel.

** CIFRE  : Convention Industrielle de Formation par la REcherche