Skip to content. | Skip to navigation

Emergences

Lettre d'information n° 29

Image emergences pour impression
Personal tools
You are here: Home 2013 Lettre d'information n° 29 Surfer sur les standards des clouds IaaS avec VEP
Document Actions

Surfer sur les standards des clouds IaaS avec VEP

Conçu au centre Inria de Rennes dans le cadre du projet européen Contrail pour les fédérations de Clouds, VEP (Virtual Execution Platform) est un intergiciel qui fait l'interface avec les infrastructures de service (IaaS) pour garantir l’interopérabilité. Comme l'expliquent les scientifiques Yvon Jégou et Roberto Cascella, ce nouvel outil permet à l'utilisateur final de déployer plus facilement des applications distribuées sur le Cloud et de gérer leur cycle de vie.

Conçu au centre Inria de Rennes dans le cadre du projet européen Contrail pour les fédérations de Clouds, VEP (Virtual Execution Platform) est un intergiciel qui fait l'interface avec les infrastructures de service (IaaS) pour garantir l’interopérabilité. Comme l'expliquent les scientifiques Yvon Jégou et Roberto Cascella, ce nouvel outil permet à l'utilisateur final de déployer plus facilement des applications distribuées sur le Cloud et de gérer leur cycle de vie.

Projet européen coordonné par Christine Morin à Inria, Contrail développe un système open source qui permet aux fournisseurs de services de cloud computing de partager leur ressource avec d'autres à travers ce qu'on appelle désormais une fédération de Clouds. En marge de ce dispositif fédératif qui assure la relation entre chaque fournisseur, un autre outil a été conçu. Il s'appelle VEP (Virtual Execution Platform). Sa raison d'être : faciliter la gestion de chaque infrastructure.

Comme l'explique Roberto Cascella, directeur technique de Contrail, “fondamentalement, VEP possède deux fonctions. D'abord, il permet à l'administrateur du fournisseur de services cloud de définir la structure de son centre de données, de configurer les ressources disponibles et de gérer les utilisateurs. Ensuite, VEP offre à ces derniers la possibilité de déployer directement leurs applications sur l'infrastructure. À notre connaissance, il s'agit du premier outil open source offrant ces deux fonctions.” À noter au passage que VEP peut s'utiliser de façon indépendante. “On peut très bien décider de l'installer pour gérer une infrastructure de machines physiques et fournir des services cloud à des utilisateurs sans pour autant installer Contrail.

En masquant la complexité d'infrastructures IaaS hétérogènes, VEP facilite grandement le déploiement rapide d'applications distribuées. “Pour ce faire, le logiciel adopte le format OVF (1), explique le chercheur Yvon Jégou. Il s'agit d'un standard pour la description d'applications distribuées composées de machines virtuelles. Des entreprises comme IBM ou VMware utilisent déjà ce format. Pour l'utilisateur, il suffit de soumettre un document OVF décrivant toute son application; ensuite VEP la déploie d'un seul coup. Nul besoin d'interagir avec chaque machine virtuelle.

Accords de niveau de services


Comme le souligne Roberto Cascella, “VEP prend en compte les accords de contrat de service, les SLA. Les utilisateurs peuvent exprimer des besoins particuliers quant au déploiement de leur application. Ils pourraient fixer des contraintes spécifiques concernant les ressources physiques. Par exemple ventiler toutes leurs machines virtuelles sur des serveurs différents pour des raisons de sécurité. Au vu de ces contraintes, VEP va donc sélectionner des ressources satisfaisant aux exigences.

Grâce au logiciel, les utilisateurs peuvent aussi effectuer des réservations de ressources à l’avance. Pour une date donnée, le fournisseur garantit la mise à disposition des ressources demandées par le client. “Dans l'avenir, nous prévoyons aussi de supporter les points de reprise afin de faciliter le reploiement ultérieur de l'application en cours, ajoute Yvon Jégou. Cette fonction de ‘snapshot’ est rendue possible par le fait que VEP possède une vue globale de l'application.” Les tâches les plus courantes s'effectuent via une interface graphique. Une API RESTful (2) prend le relais pour des tâches exigeant de passer par des lignes de commande. C'est le cas par exemple quand VEP s'intègre à un autre logiciel.

Publiée fin 2013, la version 2.1 marque une forte évolution par rapport à la précédente. “La première constituait plus un essai technologique pour montrer aux autres membres de Contrail ce qu'il était possible d'intégrer. Mais en même temps, nous élaborions les fonctionnalités pour définir ce que devait être ce logiciel VEP. Il faut se souvenir qu'il y a trois ans, les besoins n'étaient pas si clairs. Nous avions donc besoin d'une première implémentation pour les affiner. Notre deuxième version intègre les retours d'expérience. Au bout du compte, nous en sommes venus à redéfinir l'outil et repenser l'architecture. En incluant l'intégration dans la pile logicielle Contrail, tout cela représente quatre années-hommes de travail.”

Épouser les nouveaux standards du cloud


Les scientifiques mettent un accent sur la compatibilité avec les outils de gestion open source et les standards qui émergent pour le Cloud. “Actuellement, VEP fonctionne sur OpenNebula mais aussi et depuis peu sur OpenStack,  assure Roberto Cascella. OpenNebula a été développé dans le cadre d'un projet européen. OpenStack est utilisé par beaucoup d’entreprises. Parmi elles, figurent d'ailleurs certains de nos partenaires industriels. HP par exemple.

Hasard du calendrier, au moment même où les chercheurs d'Inria élaboraient VEP, l'organisation DMTF (3) annonçait un nouveau standard. Il s'agit de CIMI (Cloud Infrastructure Management Interface). “L'idée est comparable à la nôtre à plus d'un titre. Nous étions donc sur le bon chemin dans la conception de notre logiciel, constate Yvon Jégou. Nous sommes en train de travailler sur la compatibilité avec CIMI.

Nouveau standard également : l'OCCI de l'OGF (4). Cet ensemble de spécifications pour les fournisseurs de service de cloud computing est à la fois un protocole et une API servant à toutes sortes de tâches pour la gestion. “Il est générique. Il permet de travailler avec OpenNebula ou OpenStack à travers une simple interface.” VEP pourrait offrir une compatibilité avec OCCI d'ici environ un an. On pourra alors l'utiliser avec n'importe quel logiciel IasS implémentant OCCI.

VEP est tourné vers les standards, open source et plutôt facile d'utilisation, conclut Roberto Cascella. Il permet de s'affranchir de la complexité liée à la gestion des ressources. Pour beaucoup d'entreprises, y compris des PME, le logiciel devrait donc faciliter le passage vers le Cloud.

-----
Notes :
(1)  Open Virtualization Format. OVF est un standard pour l'empaquetage et la distribution de logiciels qui tournent sur des machines virtuelles. Il a été proposé dans la Distributed Management Task Force (DMTF) par VMware, Dell, HP, IBM, Microsoft et XenSource.

(2) REST: Representational State Transfer.

(3) Distributed Management Task Force. La DMTF promeut des standards pour la gestion de systèmes dans les environnements STIC professionnels.

(4) Open Cloud Computing Interface. OCCI est un ensemble de spécifications porté par l'Open Grid Forum (OGF) pour les fournisseurs de cloud computing.